Disclaimer :
Le contenu qui suit est un témoignage personnel relatant une expérience individuelle. Il est partagé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un avis, un diagnostic ou une recommandation médicale. Chaque parcours étant unique, les informations présentées ne peuvent pas être généralisées ni utilisées pour prendre des décisions. En cas de question, de doute concernant votre état de santé, votre grossesse ou vos traitements, il est indispensable de consulter un professionnel de santé (médecin, sage-femme ou autre spécialiste). Ne modifiez jamais un traitement médical, un suivi ou une prise en charge sur la base de ce témoignage.
Se préparer à la grossesse
La grossesse avec un diabète de type 1 ne commence pas simplement avec un test de grossesse. Pour moi, tout a véritablement débuté six mois avant de tomber enceinte, lorsque j’ai partagé mon projet bébé avec ma diabétologue. Dès cet instant, un suivi intensif s’est mis en place, et j’ai compris que chaque détail comptait.
Novembre 2024 : J’ai été hospitalisée pour une journée où j’ai participé à des ateliers qui expliquaient tout ce qu’impliquait une grossesse avec un DT1 : glycémies cibles, alimentation, complications possibles… Un vrai marathon d’informations ! On a fait un bilan sanguin complet et mon traitement a été modifié.
Janvier 2025 : J’ai fait le grand saut de l’Omnipod à l’Ypsopump avec l’algorithme CamAPS. La pompe filaire, bonjour le changement ! Au début, j’étais frustrée, car j’avais de bons résultats avec l’Omnipod, mais il fallait s’adapter. Mon HbA1C, qui était à 6,2 %, a même grimpé à 6,7 %. Ce n’est pas catastrophique, mais ma diabétologue insistait pour que je reste dans les objectifs de grossesse.
J’avais un suivi rapproché tous les mois, en alternant présentiel et visio, dans le but d’avoir la meilleure HbA1C, les meilleurs temps dans la cible et d’apprivoiser cette nouvelle pompe.
Premier trimestre
Le premier trimestre a été un véritable défi. La fatigue m’a littéralement écrasée. J’ai dû mettre de côté presque tous mes projets professionnels. Travaillant à mon compte, j’ai eu la chance d’adapter mes horaires, mais je n’ai pas pu éviter la pression. Je faisais le strict minimum pour mes clients et me reposais beaucoup.
Côté glycémies, c’était les montagnes russe. J’ai fait un nombre incroyable d’hypoglycémies, et je n’avais jamais ressenti des sensations aussi fortes. J’ai même eu un malaise juste avant d’annoncer ma grossesse à ma belle-famille. Timing parfait, n’est-ce pas ?
J’ai appris que les hyperglycémies à long terme sont plus dangereuses pour le bébé que les hypoglycémies, mais j’aurais bien aimé éviter ce malaise. Malgré tout, mes glycémies ont été étonnamment bonnes, atteignant entre 5,5 % et 5,8 % d’HbA1C. La grossesse m’a appris à encore plus anticiper. Ma trousse de secours était toujours avec moi, sans exception, remplie de Baqsimi, de ressucrages, de mon lecteur de glycémie, et tout le nécessaire pour ma pompe.
Symptômes : Une fatigue écrasante, des nausées, un odorat aiguisé avec un dégoût pour plein d’odeurs alimentaires, des envies sucrées alors que je préfère les repas salés et une faim qui augmente.
Pour résumer, j’ai trouvé le premier trimestre très compliqué. C’est dans ces moments-là qu’il faut se rappeler que le corps fait quand même quelque chose d’incroyable. Il créé un être humain. Mon fils.
Deuxième trimestre
Dès le début du deuxième trimestre, les nausées ont disparu, comme par magie. Quel soulagement ! J’ai enfin commencé à retrouver un peu d’énergie, même si ce n’était toujours pas celle d’avant grossesse. J’ai appris à accepter que ma vie ne serait plus comme avant, car un petit être grandissait en moi.
Ce trimestre a été synonyme de mouvement. J’avais un besoin urgent de bouger, de me reconnecter à mon corps. Je faisais environ 3 séances de musculation par semaine. Parfois 2 quand j’étais trop épuisée (contre 4 avant grossesse). J’ai évidemment adapté ma pratique par rapport à avant grossesse : activités plus variées, charges plus légères, exercices modifiés, et surtout énormément de mobilité avant et après chaque séance.
Écouter mon corps est devenu ma règle numéro 1.
À côté de ça :
- 1 à 2 cours de danse par semaine
- 15–20 minutes de vidéos YouTube le matin (danse cardio, pilates, stretching…)
- Mouvements sur mon ballon de grossesse autant que possible
Bouger m’a fait un bien fou. Mentalement, émotionnellement et physiquement.
Côté diabète, mes besoins en insuline ont commencé à grimper, et j’ai dû ajuster mes doses avec l’aide de ma diabétologue. J’ai de nouveau participé à un programme d’éducation thérapeutique qui m’a rassurée sur les changements à venir. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin de tout maîtriser d’un coup et cela m’a beaucoup apaisée.
Symptômes : Toujours un peu fatiguée, mais mes cheveux étaient magnifiques, mes besoins en insuline augmentaient, et mon ventre commençait à s’arrondir. J’ai même commencé à sentir les premiers mouvements de mon bébé ! C’était le moment des premiers achats pour lui, et j’ai commencé à aménager sa chambre. Je me projetais dans cette nouvelle vie, et c’était magique.
Troisième trimestre
Le troisième trimestre a été une période de réajustement. J’étais fière d’être restée active durant cette grossesse, mais la fatigue est revenue, petit à petit. A partir du 8e mois, j’ai dû apprendre à ralentir et à écouter mon corps qui me disait qu’il avait besoin de repos. J’ai arrêté la danse, la salle de sport et j’ai remplacé ça par des exercices plus doux à la maison.
Mes besoins en insuline ont atteint des sommets. Je changeais mon réservoir de 150 unités tous les jours ! Cela me faisait peur au début, mais c’était devenu ma nouvelle normalité. Malgré ça, j’ai réussi à maintenir une HbA1C à 5,8 % en fin de grossesse. Et honnêtement, OUI je me faisais plaisir quand j’en avais envie. J’ai mangé des goûters sucrés, des fast food, j’ai eu des hyperglycémies que je n’arrivais pas à faire descendre rapidement. Je suis humaine et j’aime trop la vie pour me restreindre, surtout durant ma grossesse.
Le plus important est l’équilibre. Mes repas étaient équilibrés la majorité du temps et cela se voit sur mes résultats.
Le suivi s’est aussi intensifié sur ces 3 derniers mois :
- Une hospitalisation de jour par mois où je faisais : un monitoring avec une sage femme, des analyses de sang et urinaires, une échographie avec une gynécologue, un rendez-vous avec une diététicienne et avec ma diabétologue. C’est intense, mais au moins, tout est calé dans la journée.
- Des cours de préparation à l’accouchement avec une sage femme libérale (environ 1 toutes les 2 semaines)
- 2 monitorings par semaine à domicile par ma sage femme à partir du 8e mois jusqu’à l’accouchement
- 2 séances d’acuponcture à la toute fin avec ma sage femme pour préparer l’accouchement (totalement optionnel)
Symptômes : Remontées acides, fatigue, un corps lourd (chaque mouvement devenait un effort), des douleurs de règles qui signifient que le corps se prépare, des douleurs lombaires en fin de journée. Il y a aussi eu des symptômes plus positifs : les mouvements de mon bébé devenaient de plus en plus présents, mon ventre s’arrondissait toujours plus. C’était aussi le trimestre des achats et des derniers préparatifs.
Une fin intense, mais pleine de sens et pleine d’émotions.
Le troisième trimestre m’a appris à ralentir, à lâcher prise, à être au plus proche de mon corps et de mes sensations, à me préparer au mieux et à faire confiance.
Étape accouchement : 28 janvier 2026
Le jour du déclenchement est enfin arrivé. J’étais nerveuse, mais prête. J’avais toujours su qu’il y avait de fortes chances qu’on me propose un déclenchement par rapport au diabète de type 1. Le déclenchement a commencé avec des comprimés (Angusta) : 2 comprimés toutes les 4 heures avec un maximum de 4 prises dans le but de déclencher les contractions. J’ai fait un monitoring pendant 1h avant la première prise à 10h du matin. Les heures passent sans que rien ne se passe. J’ai essayé de rester active, mais j’attendais avec impatience que le travail débute.
Les contractions ont commencé à se faire sentir vers 23 heures. Je suis passée en salle d’accouchement vers 2h (29 janvier), où la tension est montée. On est passé à l’étape suivante : perfusion d’ocytocine pour déclencher de plus grosses contractions. J’avais également une perfusion de sucre pour réguler ma glycémie et éviter les hypoglycémies. J’ai eu une ou deux hypoglycémies pendant que j’étais dans cette salle et j’ai tout de même pu boire des jus de fruits. Les contractions ont commencé à s’intensifier. À un moment, on m’a proposé la péridurale, et je n’ai pas hésité. Le soulagement a été immédiat.
Le travail avançait lentement, et après plusieurs heures, vers 18h, on commence à évoquer la césarienne mais on tente tout de même d’aller au bout des choses pour tenter l’accouchement par voie basse. Après de longues heures à stagner, on valide la césarienne et on me prépare pour aller au bloc vers minuit.
C’était un moment assez stressant et déstabilisant mais j’ai su que c’était pour le bien de mon bébé.
Finalement, à 00h42 (le 30 janvier), notre fils est né. L’émotion a tout effacé. J’ai pu le tenir contre moi, cette petite vie que j’avais portée. C’était magique. J’ai pleuré de joie et j’ai su que tout ce que j’avais traversé en valait la peine. Après tout ce chemin parcouru, nous étions enfin ensemble.
Pour résumer, mon expérience de l’accouchement n’a pas été traumatisante. Il a été long, certes, mais je n’ai pas énormément souffert. L’équipe médicale était très bienveillante et rassurante. Je n’aurais certainement pas eu le même ressenti si mon conjoint n’avait pas été là. Sa présence et son soutien durant ces longues heures ont été plus que précieux.