Alison, grossesse sous stylos

Diabétique de type 1 depuis 25 ans, j'ai vécu ma première grossesse, en 2020, assez difficilement. J'avais une situation professionnelle stable puisque j'étais éducatrice spécialisée en CDD et je ne faisais pas très attention à mon diabète à ce moment là (HbA1c à environ 8,5% à la découverte de la grossesse). 

Diabétique de type 1 depuis 25 ans, j’ai vécu ma première grossesse, en 2020, assez difficilement. J’avais une situation professionnelle stable puisque j’étais éducatrice spécialisée en CDD et je ne faisais pas très attention à mon diabète à ce moment là (HbA1c à environ 8,5% à la découverte de la grossesse). 

Je n’étais pas suivie, je n’étais pas renseignée sur les « pré-requis » du diabète pour une grossesse. On m’a donc parlé d’IVG (interruption volontaire de grossesse), ce que j’ai d’office refusé. La diabétologue qui a accepté de me suivre « en urgence » m’a expliqué les impératifs du diabète en étant enceinte. Je pense que ce rendez-vous a été à double tranchant pour moi : j’ai bien compris les enjeux de la glycémie, mais on ne m’a pas parlé de celui de l’équilibre glycémique. Ce que je voyais, c’était : 0,90 à jeun et 1,20 à 2h post-prandial. Je l’ai gardé en tête tout au long de ma grossesse avec un stress permanent de vérifier ma glycémie et de savoir l’impact qu’allait avoir mon repas et mes doses d’insuline.

J’ai finalement réussi à redescendre mon hémoglobine glyquée (trop) rapidement jusqu’à 4,8% à force de faire des hypoglycémies. J’étais sous injections car c’était mon traitement jusqu’ici. Je continuais à me faire mes injections au moment des repas, ainsi que lorsque, d’un seul coup, ma glycémie grimpait à vue d’œil sans savoir pourquoi ! Mais qui dit grossesse, dit hormones et instabilité… ce qui passait un jour était un échec une semaine après, c’était très frustrant et culpabilisant. J’avais beau calculer au gramme près les glucides, je modifiais mes doses quasiment quotidiennement, en les doublant presque au second trimestre. Je n’avais jamais eu des doses et une résistance à l’insuline aussi importantes. 

J’ai accouché dans un hôpital qui n’était pas du tout renseigné sur la diabète de type 1 : il n’y avait pas de diabétologue… on m’a déclenchée à 37 SA car j’avais eu 2 VME (version par manoeuvre externe) et qu’avec des hypoglycémies, ils ne voulaient pas prendre de risque. J’ai accouché de ma fille, puis l’après fut assez éprouvant. J’ai enchaîné les hypoglycémies car on ne m’avait pas informé de la nécessité de réduire les doses d’insulines… J’avais donc les mêmes doses que pendant ma grossesse, ce qui n’était plus adapté à mes besoins. 

La diabète rajoute une charge mentale assez conséquente, mais lors d’une grossesse, on porte la responsabilité des conséquences de nos glycémies sur le développement de notre bébé, et c’est, à mon sens, ce qui a été le plus compliqué à gérer et à encaisser. Alors, lorsqu’on a diagnostiqué ma fille DT1 à ses 16 mois, j’ai culpabilisé… Aujourd’hui, on avance toutes les deux avec nos diabètes. On s’épaule, on s’entraide, j’essaye au maximum de lui rendre la vie belle malgré ce compagnon d’infortune. 

Avec le recul, je dirai qu’il est bien plus aisé de mener une grossesse plus sereine (car avec et sans diabète, mener une grossesse n’a pas grand chose de serein, on stresse pour tout un tas de choses) avec une pompe à insuline (d’autant plus en boucle semi-fermée) qu’avec des injections.

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