Disclaimer :
Le contenu qui suit est un témoignage personnel relatant une expérience individuelle. Il est partagé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un avis, un diagnostic ou une recommandation médicale. Chaque parcours étant unique, les informations présentées ne peuvent pas être généralisées ni utilisées pour prendre des décisions. En cas de question, de doute concernant votre état de santé, votre grossesse ou vos traitements, il est indispensable de consulter un professionnel de santé (médecin, sage-femme ou autre spécialiste). Ne modifiez jamais un traitement médical, un suivi ou une prise en charge sur la base de ce témoignage.
J’ai eu deux grossesses très différentes : l’une que je n’avais pas préparée, et l’autre que j’ai choisie de préparer.
Pour ma première fille, tout a commencé de manière assez… particulière.
J’étais au Vietnam quand j’ai appris à la fois que j’étais enceinte. J’avais décidé que ce serait moi qui déciderais de quand et non le diabète. Du coup j’ai décidé de « quand » mais pas de « où. »
Clairement, avec le recul, j’ai pris des risques. À mon retour en France, j’ai été suivie à l’hôpital Cochin avec un accompagnement très rigoureux. Cette grossesse a été difficile sur le plan personnel, et marquée par de nombreuses hospitalisations pour menace d’accouchement prématuré. J’ai aussi fait une prééclampsie en fin de grossesse.
Malgré tout, j’ai toujours été très bien entourée médicalement. Et j’ai aussi vite compris grâce au Professeur Jacky Nizard (Gynécologue-obstétricien qui suit les grossesses à risques à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris) que la grossesse est par définition pathogène avec ses paramètres qu’on ne maitres pas toujours. Ajouté à cela un diabète de type 1… Des risques ne veut pas dire impossible.
Un soir, épuisée par ces hospitalisations à répétition, je parle à ma fille. Je lui ai dit que je suis fatiguée, qu’elle peut arriver quand elle veut. Dans la nuit, j’ai perdu les eaux. Véridique.
Elle est née le 6 juillet, prématurément, mais en pleine forme, avec un beau poids de 3,2 kg. Nous avons été hospitalisées une semaine pour surveillance, mais tout s’est bien terminé. Une grossesse à risque, stressante, mais un accouchement finalement rapide et qui s’est bien déroulé.
Pour ma deuxième fille, j’ai voulu faire les choses autrement.
J’ai préparé cette grossesse en amont, entourée d’un réseau médical à la Salpêtrière. Ma diabétologue m’a orientée vers le Pr Jackie Nizard, qui lui-même m’a recommandée une sage-femme. Ils travaillaient ensemble, se parlaient, suivaient mon dossier de manière coordonnée. Et ça, ça a tout changé.
La grossesse a été beaucoup plus sereine, mieux vécue, mieux encadrée. En revanche, l’accouchement a été plus compliqué. Ma fille a présenté une macrosomie et une dystocie des épaules au moment de la naissance. Il a fallu intervenir en urgence. Elle était en détresse respiratoire, et a été immédiatement prise en charge. De mon côté, j’ai fait une hémorragie.
Je n’ai pas compris tout de suite la gravité de la situation. Je me souviens simplement d’avoir vu beaucoup de monde arriver dans la salle, sans vraiment réaliser ce qui se passait.
Avec le recul, j’ai compris (notamment grâce aux médecins) qu’un accouchement reste un moment imprévisible, que l’on soit en parfaite santé ou avec une pathologie comme le diabète.
Cet accouchement a été traumatique pour moi.
Je n’ai pas vécu ce moment d’accueil que l’on imagine toutes. Mais j’ai pu le réparer ensuite grâce « au bain de Sonia » qui m’a permis de recréer ce lien, de revivre autrement cette rencontre avec mon bébé et même à donner le sein de manière plus naturelle avec mon bébé.
Aujourd’hui, mes deux filles vont très bien. Avec le recul, ce que je retiens surtout, c’est l’importance de l’accompagnement (voire un accompagnement en réseau)
Se sentir entourée par des professionnels qui se connaissent, qui échangent entre eux, qui nous suivent de manière globale… c’est extrêmement rassurant.
Je me suis vraiment sentie dans un cocon lors de ma deuxième grossesse.
Si je partage ce témoignage, ce n’est ni pour alerter, ni pour faire peur. C’est pour dire qu’il est possible d’avoir des enfants en étant diabétique de type 1, qu’il est essentiel d’être bien accompagnée, mais aussi de se faire confiance, a soi, à son corps, et à la vie. Et que, malgré les difficultés, tout s’apaise très vite quand on a son bébé dans les bras.
Même avec le diabète, même avec les hypoglycémies du quotidien, on apprend, on s’adapte, et on y arrive. Avec douceur et confiance.
Pauline
Maman de 2 enfants
DT1 depuis ses 30 ans
Créatrice et Présidente de l’association Sugar Palace.