Marion, deux bébés, deux histoires

A savoir que j’ai été diagnostiquée diabétique de type 1 en janvier 1997. J’avais 2 ans. Mes parents ont toujours joué un rôle majeur pour l’équilibre de mon diabète mais aussi pour mon épanouissement tant scolaire, sportif, personnel, familial que professionnel.

Voici un court récit de nos deux jolies histoires mais qui, vous le verrez, sont bien différentes. 

Marion, Maxime, un peu plus de trente ans…

A savoir que j’ai été diagnostiquée diabétique de type 1 en janvier 1997. J’avais 2 ans. Mes parents ont toujours joué un rôle majeur pour l’équilibre de mon diabète mais aussi pour mon épanouissement tant scolaire, sportif, personnel, familial que professionnel. Je ne peux pas dire que le diabète soit une contrainte à ce jour. Oui, le suivi est important et il faut veiller sur lui H24 de jour comme de nuit, oui il y a des moments plus compliqués que d’autres et oui parfois il m’arrive comme tout le monde de vouloir vivre sans lui mais à ce jour je peux dire que la cohabitation se passe plutôt bien ! 

La rencontre

Bref, revenons sur le sujet … Je disais donc j’ai rencontré Maxime en 2013. Nous sommes étudiants tous les deux. Très vite j’explique à Maxime mon petit truc en plus ou en moins, appelez ça comme vous le voudrez. Maxime l’accepte et c’est parti pour construire le début de notre histoire.

Une fois diplômés, nous nous installons ensemble. Nos CDI en poche, les années passent puis nous parlons de plus en plus de maternité, d’enfant, bref d’une vie encore plus riche. 

Lors d’un rendez-vous de contrôle chez la diabétologue (qui me suit depuis que j’ai quitté la pédiatrie), elle évoque le sujet de la maternité. J’avais alors 25 ans. De retour à la maison, j’en parle forcément à Maxime. Les mois passent et notre projet se concrétise. Un an plus tard, je dis à la diabéto que nous aimerions nous lancer dans l’aventure. Hémoglobine glycquée de contrôle à 6%. C’et ok pour la diabeto ! 

Début du suivi

Elle m’explique que les rendez-vous de suivi diabéto seront rapprochés (au minimum une fois par mois), que les échographies seront nombreuses aussi (1 par mois également) car les études montrent que les femmes DT1 font généralement des « gros bébés » (je la mets volontairement entre «…» car je n’aime pas l’expression mais passons…). 

Elle m’explique aussi que bien souvent lors du premier trimestre de grossesse, les hypoglycémies sont très nombreuses. Au second trimestre, l’équilibre est meilleur et au troisième trimestre les hyperglycémies plus nombreuses mais à limiter au maximum car c’est l’une des causes pour lesquelles le bébé peut prendre du poids rapidement. Un déclenchement sera organisé aux alentours de +/- 38 SA en fonction de bébé, des glycémies et d’autres facteurs (hypertension par exemple). 

Les objectifs glycémiques seront modifiés (plage 80-120 pour ma part). J’avoue que dans un premier temps cela me parait difficile à tenir. 

D’autres rendez-vous auront lieu. Entre autres, un rendez-vous de contrôle chez l’ophtalmologue une fois par trimestre, un rendez-vous chez le dentiste, un rendez-vous avec un cardio pédiatre pour voir si le cœur de bébé est ok etc. Je repars de ce rendez-vous avec plein d’informations en tête. Les questions suivront. 

Test de grossesse positif !

Août 2020, hypoglycémies à gogo sans raison apparente et état de fatigue bien avancé alors que nous rentrons de vacances. Je fais un test de grossesse qui s’avère positif. Idem pour le second. La prise de sang confirmera puis la première échographie. Un petit cœur s’est logé dans mon ventre. Nous sommes très heureux. 

Très vite, au vu des hypoglycémies, le suivi se met en place. Finalement, la diabétologue me voit une fois par mois mais vérifie mes glycémies en suivi à distance (je suis équipée de l’omnipod et du capteur Freestyle Libre 1©) une fois par semaine. Je n’ai pas d’alertes avec ce capteur donc je fais beaucoup d’hypoglycémies qui durent dans le temps et parfois très basses.

Dés le premier bilan à l’hôpital, vérification de l’hémoglobine glyquée (5.9%), de la toxoplasmose qui est négative (sinon ce n’était pas drôle) et des urines. Tout va bien. 

Fin octobre, je ne suis qu’au « début » de ma grossesse mais je suis en arrêt de travail. Plusieurs raisons : 

  • Bébé aussi petit soit-il appuie déjà sur mon col de l’utérus ; 
  • Je travaille en maison d’enfants et les postes de travail sont intenses ;
  • Les hypoglycémies sont très nombreuses et donc la fatigue s’accumule ;
  • Sans oublier la fameuse épidémie de covid qui bat des records. A l’époque, on me fait comprendre que diabète + grossesse = arrêt de travail. 

En novembre, rendez vous de contrôle chez le dentiste, chez l’ophtalmo, en diabéto, à la maternité. Tout va bien donc on continue ainsi. Le plus difficile est d’aller à tous les rendez-vous d’échographie, toute seule, covid oblige. Maxime assite tout de même à la T1 mais nous avons un petit bébé qui à l’air pudique. En effet, impossible de savoir si c’est une fille ou un garçon. 

Décembre, mon hémoglobine glyquée est descendue à 5,4%. Merci (encore et toujours) aux hypoglycémies. Elles devaient être moins présentes au second trimestre. Et bien, cela est peut être vrai chez certaines mais pas chez moi… 

Les fêtes de fin d’année approchent. Je suis heureuse en me disant que c’est notre dernier Noël tous les 2. Néanmoins, la toxoplasmose me ramène à la raison. Cette année on oublie le saumon fumé et compagnie. Pas évident pour la gourmande que je suis. Je fais très attention à toutes mes glycémies durant cette période car avec la plage glycémique réduite (80 – 120), le moindre écart peut vite se payer. 

Janvier, mon hémoglobine glyquée est toujours à 5,4%, je suis toujours en arrêt de travail, j’assiste toujours aux rendez vous seule. Je choisis de faire mes séances de préparation à l’accouchement avec ma sage-femme libérale. Maxime peut y assister et c’est plus intimiste qu’au centre hospitalier où je suis suivie. 

Ma sage-femme me demande de réfléchir à mon projet de naissance. J’ai adoré l’écrire. J’y ai mis tout ce dont je souhaitais mais aussi ce dont je ne voulais absolument pas. Ce projet a été pris très au sérieux par les sage-femmes qui m’ont accompagné lors de la naissance de notre bébé donc j’en suis ravie. 

Janvier est aussi le mois où nous avons eu rendez-vous avec le cardio-pédiatre. Le petit cœur de bébé fonctionne parfaitement donc pas d’inquiétude de ce côté. 

A partir de février, tout s’accélère car lors d’une échographie de contrôle, le gynécologue demande un monitoring pour s’assurer que je n’ai pas trop de contractions utérines. Finalement le monito qui devait durer 15 minutes dura plus de deux heures car je contracte déjà beaucoup mais sans rien ressentir. 

Nous apprenons également que nous attendons une fille et qu’elle pèse 840g. Elle est au 6ème percentile donc c’est un petit bébé. Vigilance là-dessus au vu des contractions présentes. Il va falloir garder bébé au chaud le plus longtemps possible. Nous sommes en février, le terme est prévu pour le 25 mai. 

Dés le mois de mars, j’ai deux monitos par semaine à la maison ainsi que des échographies supplémentaires pour être sûre que notre bébé prenne du poids. 

Les glycémies sont relativement stables. Mon projet de naissance est écrit et lors d’une discussion avec la diabétologue, je demande à avoir des plateaux repas qui ne sont pas diabétiques pendant mon hospitalisation à la maternité. Ce n’est peut être qu’un détail pour certains mais pour moi c’est beaucoup. Déjà je souhaitais manger des plats qui ont du goût (avouez les plateaux repas diabétiques de l’hôpital c’est fade au niveau des saveurs) et surtout je voulais des plats qui ressemblent plus à ce que je mangeais à la maison pour réajuster au mieux mes bolus qui forcément ont été modifiés tout au long de la grossesse. 

Avril, notre bébé continue de grandir, je gère du mieux que je peux les glycémies. La diabétologue, son équipe et mon infirmière prestataire continuent de me suivre, de m’accompagner. Au vu des contractions, chaque jour supplémentaire pris est une victoire. 

Protocole et accouchement

Le protocole diabéto pour la salle d’accouchement est fait. Il est dans mon dossier médical et moi aussi je l’ai car j’ai demandé dans mon projet de naissance à être actrice. Je veux être informée de tout ce qui va se faire et je veux donner (ou non) mon accord ! 

Le protocole pour le retour en chambre est fait lui aussi. Il est même double à savoir un protocole en cas d’allaitement et un protocole si pas d’allaitement. Côté diabète, la diabétologue me propose une SAP d’insuline en salle de travail pour que ce soit l’équipe médicale qui gère et non moi (« vous aurez autre chose à penser » m’avait-elle dit et oui en effet !). Un nouveau pod sera posé avec le protocole post accouchement tranquillement au retour en chambre. Côté diabète, je suis rassurée. 

Le 18 avril, je ne me sens pas comme d’habitude. J’en parle à la sage-femme et finalement après un monito, ils prennent la décision de m’hospitaliser en grossesse pathologique. Maxime rentre du travail et me conduit à l’hôpital. J’ai plusieurs monitos par jour et rien d’autre à part du repos ! Aucune visite à part Maxime avec un protocole bien précis covid oblige. C’est très long… L’histoire dira que la prochaine fois que je sortirai de cet hopital nous ne serons plus deux mais bien trois ! 

Dans la nuit du 26 au 27 avril, je dors tranquillement quand tout à coup je romps la poche des eaux. Etant dans le service de grossesse patho, j’appelle une sage-femme, il est 03h45. « Oui Madame c’est bien la poche des eaux. Vous pouvez rester en chambre tant que vous supportez la douleur et quand ça ne va plus, vous pouvez aller au bloc obstétrical » (salle de travail et d’accouchement). 

Je décide de rester dans la chambre avec Maxime. Parfois je ris, parfois je suis à la limite de pleurer, je fais un peu de ballon, je m’étire, je me « rendors ». Le temps passe, je gère plutôt bien les contractions jusqu’à 07h30 où je dis à Maxime « je fais un tour dans la salle de bain pour me préparer et on y va ! ». 07h45, let’s go, on arrive au bloc obstétrical. Ce n’est pas bien loin mais avec les contractions les trois couloirs à traverser me semblent une éternité. 

Les glycémies sont stables, la sage-femme me demande de rester à jeun, c’est ok. De toute façon je sais qu’après j’aurais du glucosé dans les veines. 

La sage-femme du bloc obstétrical m’examine. Mon col est déjà ouvert à un bon 4 donc go la salle d’accouchement. Pas besoin de passer par la salle de travail. 

8h15, l’anesthésiste me pose la péridurale. Je revis. Tout le protocole établi en amont se met en place. J’ai un glucosé 5% en goute à goute pour éviter les hypos, un ringer pour faire remonter ma tension, un glucosé 10% en cas d’hypoglycémie pendant le travail ou l’accouchement, un salé etc. Les sage-femmes vérifient ma glycémie toutes les 15 minutes. Vers 09h00, on décide également de me mettre une perfusion d’ocytocine afin de stimuler les contractions. Le but est d’accélérer le travail afin de ne pas m’épuiser. Cela fonctionne bien même trop bien ! Le travail va tellement vite que le cœur de notre bébé ralenti. En 5 secondes, deux autres sage-femmes, l’anesthésiste et deux gyncéologues débarquent dans la chambre. Nous entendons « Si le cœur ralenti encore c’est code rouge ». Comprenez là-dedans césarienne en urgences sans Maxime et j’ai du mal à me l’imaginer. Tout aller si vite et si bien depuis ce matin… Finalement, arrêt de la perfusion et tout rentre dans l’ordre. Je regarde tout de même, de temps à autres, le matériel de l’anesthésiste qui était prêt à m’endormir pour la césarienne d’urgence si besoin. Il restera là, posé…

11h25, nouveau contrôle de la sage-femme qui me dit « Madame vous sentez que bébé s’est engagé ? » « euh… non ». Je vous avoue qu’entre la péridurale et le fait que ce soit un premier bébé je n’en savais rien. Contrôle des glycémies toujours ok. « Madame on va s’installer ». On fait cela tranquillement sans précipitation c’est beaucoup plus rassurant qu’il y a une heure.   

12h15, notre crevette Mathilde est née ! Petite mais pleine de vie ! Elle se débrouille comme une cheffe et a un déjà un regard qui en dit long malgré une jolie hypoglycémie. Le pédiatre décide de la ressucrer avant la première tétée. 

L’équipe médicale était vraiment top lors de cet accouchement. Ils ont travaillé de façon à ce que je puisse profiter et ont soulagé ma charge mentale liée au diabète le plus possible.  J’en garde de bons souvenirs. 

Retour à la maison avec bébé

Pour moi les suites de l’accouchement seront simples. Les glycémies rentrent dans l’ordre assez rapidement. Pas d’infections ni suite à l’accouchement ni suite aux points de suture (je le mentionne car il faut savoir que cela peut arriver). Les sages femmes vérifieront la bonne cicatrisation qui on le sait et plus longue en générale chez nous les DT1. La diabétologue est passée à plusieurs reprises dans ma chambre pour réajuster mon basal et mes bolus durant mon séjour en maternité qui a duré un peu longtemps que prévu à cause du poids de Mathilde mais rien de très inquiétant. 

A la maison, il y a des hypoglycémies entre autres liées à l’allaitement donc chaque jour on écoute son corps et on réajuste. Bien sur cela demande un peu de patience car le rythme avec un nouveau-né est bien différent de jour comme de nuit mais cela n’est que « temporaire ». 

Un mois après l’accouchement, nouveau rendez-vous avec la diabéto. On ajuste encore et toujours et on se félicite des petites victoires du quotidien. En effet, en tant que maman DT1, c’est un véritable challenge. On essaie de ne pas oublier de manger lorsque le bolus est lancé même s’il y a une tétée ou un biberon à donner. On essaie aussi de ne pas oublier de faire son bolus lors d’un repas pris sur le pouce. On essaie de ne pas oublier de mettre sa pompe à proximité voire même des ressucrages lors que bébé s’endort sur nous dans le canapé et j’en passe. Ps : je vois que certaines sourient en lisant ces dernières phrases mais c’est ça la vraie vie non ? 

Bébé 2 !

Malgré toutes ces galères, quelques années plus tard, nous prenons la décision de renouveler l’expérience pour notre plus grand bonheur. 

Avril 2023, nouvelle discussion avec la diabéto (toujours la même qui me suit depuis que j’ai quitté la pédiatrie) sur le fait d’agrandir la famille. Il est vrai que l’idée nous trotte dans la tête depuis quelques temps. Nouvelle hémoglobine glycquée avant de se lancer dans le projet : 5,9% donc c’est ok. On discute même de changer mon matériel actuel pour une boucle fermée afin de limiter les hypoglycémies (cf expérience de la première grossesse). 

La diabétologue me propose l’Ypsopump© reliée au capteur Dexcom© G6 avec l’algorythme Cam APS© pour fermer la boucle. Je suis d’accord car clairement je rêvais d’avoir une boucle fermée depuis bien longtemps mais je ne rentrais pas dans les critères. La seule chose qui me « freine » c’est le retour à la pompe avec tubulure … Je réfléchis puis convient avec la diabéto que c’est ok le temps de la grossesse puis que je souhaite changer de nouveau après. 

Les mois passent, puis juste avant Noël 2023, je fais des tests de grossesse en me disant « on ne sait jamais, si c’est positif, et comme je ne suis pas immunisée contre la toxo, il faudra faire attention à ce que je mange ». Les tests sont négatifs donc je profite de Noël. 

Le 28 décembre, Maxime est malade dans la nuit, Mathilde et moi suivront. Mathilde vomi beaucoup, je n’arrive plus à l’hydrater. Avec ma maman, nous l’emmenons aux urgences pédiatriques. L’équipe voit que je ne suis pas bien non plus. Sans rien demander, ils me prennent en charge également et réalisent un bilan sanguin. L’interne vient me voir et me dit « Madame, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer ! » Vous l’aurez compris, un deuxième petit cœur s’est installé en moi.

Le début de grossesse pour ce bébé 2 est plus compliqué à gérer car je suis malade (nausées / vomissements) de fin décembre au 28 février 2024. Alors oui, c’est précis mais je vous assure qu’au bout de deux mois à être malade vous espérez que demain sera un jour meilleur. Chapeau aux (futures) mamans qui ont été malades bien plus longtemps que moi.

De mon côté, pas mal d’hypoglycémies causés par la grossesse et par les vomissements donc pas évident de les gérer. 

Ma diabétologue est informée rapidement, mise en place de la boucle fermée le 09 janvier 2024 et nouveau suivi en équipe pluridisciplinaire pour bébé et moi. 

Les mois passent, le diabète est plutôt stable, je n’ai pas de souci particulier. J’écris de nouveau mon projet de naissance, les différents rendez vous (ophtalmologue, cardio-pédiatre etc) sont bons donc je suis contente car je peux continuer de travailler, de faire du sport, de profiter. 

La seule chose qui m’alarme un peu concerne le suivi obstétrique car il est différent de celui que j’ai eu pour Mathilde et bien moins cadré. Je n’ai par exemple pas de date de déclenchement, je n’ai pas beaucoup d’information sur le poids de bébé etc. J’en parle à plusieurs reprises à ma diabétologue qui exerce dans le même hôpital. Et oui, en effet, pas de réunion pluridisciplinaire comme nous avions pu le faire pour Mathilde. 

En mai, nous savons que Mathilde aura un … petit frère ! Une fille, un garçon, que demander de plus … 

Juin, je suis en arrêt de travail et les monitos auront lieu 3x par semaine car il y a de nouveau des contractions utérines. Les glycémies sont toujours bonnes, les bilans sanguins – urinaires le sont aussi. A noter que cette deuxième grossesse est différente aussi sur l’organisation à la maison car les grandes vacances arrivent, je commence à fatiguer et je dois m’occuper de notre ainée qui demande 300 activités par jour. Pas facile d’être au repos comme le demande la sage femme. 

En juillet, toujours pas de date de déclenchement pour un terme prévu le 19 septembre. Je continue les monitos à la maison, je reprends quelques séances de préparation à l’accouchement (gestion de la douleur notamment). 

Le 11 juillet lors d’un monito, ma sage femme appelle le centre hospitalier où je suis suivie pour dire que je vais arriver car je contracte trop à la maison sans ressenti. Je reste l’après midi là-bas puis revient à la maison. 

En août, j’ai rendez vous avec le gynécologue le 21. J’ai hate d’avoir ma date de déclenchement car j’ai plus de mal à gérer mon diabète, il fait chaud, je fais beaucoup d’œdème, j’ai hâte que cela se termine. 

Etape accouchement #2

Le dimanche 18 août, je me lève après une courte nuit et j’explique à Maxime que je ne me sens pas comme d’habitude. Maxime me conseille d’appeler la maternité pour avoir une conduite à suivre. Au vu de ma description, la sage femme me demande de venir faire un contrôle. Nous arrivons vers 10h30. Aucun doute au monito, ce sont bien des contractions. L’équipe soignante m’informe que je ne repartirai pas à la maison. C’est un peu la panique pour moi car ce n’était pas organisé donc forcément je me pose un tas de questions pour la gestion de Mathilde. Il y a du monde à la maternité, je ne peux rester en salle de prétravail donc je suis transférée en grossesse patho. Des monitos ont lieu régulièrement et je dois les appeler dès que besoin. Maxime rapporte les valises pour bébé 2 et moi. 

Dans la nuit, je sens que les contractions sont encore plus intenses que la veille. Cela se voit aussi sur le monito et au sur mes glycémies. Seul soucis, mon col a commencé à s’ouvrir hier mais depuis plus rien malgré les contractions. On patiente, on me demande de marcher et on me laisse à jeun au cas où bébé arriverait. La journée est longue, je suis fatiguée, j’ai mal, j’ai faim. 16h00, après 30 heures de contractions, nous retournons au bloc obstétrical en espérant qu’ils puissent faire quelque chose pour moi. Et finalement oui ! Je suis directement installée en salle d’accouchement. L’anesthésiste me pose la péridurale vers 16h30. Les perfusions sont posées. La sage femme est claire avec nous, elle ne va pas gérer les glycémies puisqu’il y a du monde dans le service et « vous vous y connaissez plus que moi ». Maxime va gérer les glycémies tout au long de l’accouchement. Il réglera lui-même les perfusions de glucose. On se débrouille un peu comme on peut. 

17h30, la sage femme propose de rompre la poche des eaux pour accélérer le travail. Cela fonctionne mais pas comme elle le souhaitait. Bébé commence à fatiguer, moi aussi. Elle fait un point avec le gynécologue qui propose de faire une césarienne. Je pleure. Après tant d’heures « d’effort » je ne voulais pas cette fin. On attend encore une demi-heure et on refait le point. Bébé s’est engagé de lui-même ! « Madame on se prépare, c’est maintenant ! ». Contrôle de la glycémie : 0.42 « Euh non pas possible, il faut me ressucrer avant ! » Je panique, je pleure .. encore… Perfusion de glucose à fond les ballons. « Vous allez le mettre au monde votre bébé Madame, c’est maintenant ! ». A partir de ce moment, je ne suis plus capable de réfléchir ni de prendre de décision. J’essaie de suivre les indications des sages femme et c’est déjà beaucoup. 

20h10, Martin est né ! Quasiment un kilo de différence avec sa sœur au poids de naissance. Martin est resté coincé quelques minutes, j’étais à bout de force pour pousser. Il est bleu – violet il part de suite avec les puéricultrices. Martin est posé sur moi. Il n’a pas assez de force pour s’alimenter, on patiente. C’est un bébé très calme qu’il faudra réveiller pour manger. 

Après l’accouchement #2

Côté glycémies, on vérifie une fois que tout le monde va bien. 3.73. Oups, la perfusion de glucose a été oubliée. Je suis un peu nauséeuse. On repose un cathéther pour remettre en marche ma pompe à insuline. On modifie les dosages comme préconnisé par la diabéto. 

03h00 du matin, retour en chambre. Je mange car nous sommes le 20 août et je n’ai rien mangé depuis le 18 au soir. J’ai des repas diabétiques (tout fade) mais croyez-moi ça fait l’affaire. 

Je décide de ne pas allaiter Martin mais les hypoglycémies sont présentes tout de même présentes en post partum. Ma diabétologue est en vacances, c’est une de ses collègues tout aussi professionnelle qui prend le relai et vient me voir en chambre. 

Nous resterons plus d’une semaine à la maternité pour apporter les soins nécessaires à notre petit Martin. Nous sommes heureux de débuter notre nouvelle vie tous les 4. Le retour à la maison est intense car Mathilde fait sa rentrée scolaire donc nouvelle organisation à mettre en place rapidement. Les glycémies rentrent dans l’ordre assez rapidement. L’algorythme fait de nouveaux ajustements chaque jour et surtout apprend à me connaitre car depuis la pose de cette pompe en janvier, il a toujours travaillé pour 2. 

Retour à la vie et suivi diabète difficile

Seulement, 3 semaines après sa naissance, Martin est hospitalisé pendant une semaine car il a attrapé un virus et ne supporte pas du tout la température. Au programme, radios, prises de sang, ponctions lombaires etc etc. Forcément mon cœur de maman en prend un coup. Je suis séparée de Mathilde et très inquiète pour Martin. A ce moment, les glycémies partent dans tous les sens. Ce n’est clairement plus ma priorité. Heureusement, je suis dans mon hôpital de référence. Une infirmière d’ETP vient me voir et nous essayons de trouver des solutions.

Un mois après, rendez vous de contrôle avec la diabétologue. Hémoglobine glyquée à 5.8%. Ouf.. notre travail porte ses fruits et l’algorithme s’adapte bien donc c’est une grande aide au quotidien. 

Après cette « tempête » tout est rentré dans l’ordre côté santé. Mon suivi continue d’être fait par ma diabéto une fois par an et par mon infirmière prestataire une fois par trimestre. J’ai, comme prévu, changé de pompe. J’ai actuellement l’Omnipod 5 que je trouve très pratique et dont je suis contente. Dernière glycquée en septembre 2025 : 5.7 donc j’espère que cela va continuer ainsi bien longtemps. 

Super maman !

Pour conclure, je dirais que le diabète de type 1 ne nous empêche pas d’être une super maman ! De plus, pour ma part, je le vois avec Mathilde qui grandi (4 ans ½ pour notre bichette), les enfants comprennent absolument tout. Donc il ne faut pas hésiter à leur en parler et à les rendre acteur. Par exemple, quand Mathilde entend ma pompe sonner puisque je suis en hypo, elle est tellement fière de m’apporter un biscuit sans que je lui dise. Elle va aussi dire à son frère « chut, maman est en hypo, elle peut avoir mal à la tête donc on ne crie pas ». Tant de petites choses qui rendent le quotidien plus doux. 

Enfin chaque expérience est unique. Vous avez vu voir qu’ici les deux expériences sont totalement différentes et pourtant, nous avons fait le suivi dans le même hôpital, avec quasiment les mêmes professionnels etc. Il ne faut pas en avoir peur bien au contraire. Il faut piocher dans chaque histoire pour écrire la sienne et se dire que l’on a fait tout ce qui est nécessaire pour réussir. Ainsi, on ne pourra regretter.